Ceci est une adaptation un peu libre d’un article de Ted Dziuba initialement intitulé Why Engineers Hop Jobs.
Pourquoi autant de haine envers ma génération ? Tout a commencé quand quelqu’un quitta l’entreprise de Jason Calacanis, une start-up qui prone le spam à un rythme industriel, Mahalo, pour un job mieux payé chez un concurrent. Sans relache, Calacanis descenda en public le mec, et provoqua une cascade de réactions dans la blogosphère à propos des ingénieurs logiciels et de leur soif: Ils seraient des glandeurs, on ne pourrait pas compter sur eux, tout leur appartiendrait.
Je suis un glandeur et pas fiable, mais ce n’est pas pour ça que j’ai changé de job dans le passé. Les mecs de ma génération ont une très faible tolérance du bullshit. Et de façon générale, bosser dans le logiciel, c’est faire carrière dans le bullshit. Et si en plus, vous prenez en compte de la charge de bullshit rajoutée par votre boss style bac+5 grande école non technique, comme pas mal de CEO qui essaient en vain de devenir riche dans la Silicon Valley en engageant des dévelopeurs pour « coder cette idée rapidement », alors sans surprise un bon ingénieur se cassera du job après seulement quelques mois.
Quand vous êtes ingénieur, vous vous entendez dire que vous êtes « chanceux d’avoir un job », car il y a des « centaines de mecs qui font la queue dehors pour l’avoir et qui sont prèts pour ». (En oubliant qu’il y en a un milier prêt à prendre le job du riche connard qui dit aux autres ce qu’ils ont à faire). Faut être mentalement malade pour dire ça. Un CEO qui fait travailler un ingénieur 80h par semaine est un entreprenneur accompli, mais un ingénieur qui demande une chaise confortable c’est une princesse. Du coup, quand on en a marre d’être à genoux à cause des vos exigeances farfelues, ne soyez pas surpris qu’on quitte le navire pour un meilleur salaire.
Cependant, je reconnais la valeur ajoutée des commerciaux et du management. Quelqu’un doit vendre le code que j’écris, et qui en retour me donne à manger. Comme je suis ingénieur, j’aime l’optimisation itérative. A chaque fois que je quitte un boulot, j’affine la liste des nécessités d’un probable futur employeur pour que je sois d’accord de travailler avec. Après chaque boulot, j’ajoute un ou deux besoins à la liste, et au final, je n’en suis que plus heureux à chaque fois.
Ma liste est:
- L’organisation doit avoir besoin de moi autant que j’ai besoin d’elle;
- Mon manager direct doit avoir eu un cursus technique, assez pour comprendre que la programmation, c’est difficile;
- Mon manager direct doit avoir assez d’expérience ou d’intelligence pour que je puisse croire à ses décisions, même si je ne comprends pas complètement le raisonnement;
- Je dois avoir une confiance absolue quant au business plan;
- Je dois avoir une confiance asbolue en « le coté business » pour executer ce plan;
Donc, Jason, quand un mec quitte Mahalo, il ne t’a pas seulement laissé en plan. Il a aussi rajouté quelque chose à cette liste. Peut-être que t’arriveras à trouver ce que c’est.